mercredi 9 janvier 2008

Shouan Zeu - Il y a Moi... et moi !

En arrivant dans un hospice , Shouang Zeu tomba sur un médecin, qui, assis sur un banc, semblait particulièrement perplexe.

Le médecin lui dit " Je ne comprend pas pourquoi en ayant le désir de partager à la fois ma joie de servir les autres et les plaisirs de la vie avec l'une de mes aide infirmière cela ne marche pas ? "


Le sage lui répondit par l'histoire suivante : " Une vendeuse de sucreries travaillant main dans la main avec son collègue voisin, un vendeur de glace, se fit éconduire par lui. Véxée et ne sachant plus quoi faire, elle ignora totalement cette personne qu'elle aimait , pour aller s'installer à l'autre bout du marché . Même comme cela, petit à petit , tous ses nouveaux collègues semblaient l'ignorer, et les habitués du vendeur de glace semblaient ne plus vouloir lui acheter quoi que ce soit. Jusqu'au jour ou, n'en pouvant plus de cette indifférence et d'avoir l'impression que tout lui était maintenant hostile dans ce marché , tous les enfants du village formant sa clientèle habituelle et habitués à la voir toujours au même endroit, la retrouvèrent et arrivèrent devant elle pour acheter leurs sucreries quotidienne. "


Le medecin enfin compris que, " en effet , ce qui est donc important en soi, ce n'est pas la personne qui est là physiquement mais c'est ce que l'on représente en tant que personne qui fait et apporte des choses. Ce n'est pas en s'attachant matériellement à ce qui nous entoure qui importe , mais ses capacités et son esprit. Peut être le lien envers mes deux objectifs se situe sur le plan spirituel ? ";




Encore une fois .. j'emprunte mon sage Shouang Tzeu. En fait j'ai lu aujourd'hui une histoire dans les Contes et légendes du Tibet , de Pascal Fauliot : Conte sur la multiplication démoniaque. J'ai voulu re écrire cette histoire , mais avec une trame totalement différente , pour voir si j'avais bien compris les paroles suivantes, qui étaient à la fin du conte :


L'origine de tous les démons se trouve dans l'esprit même .
Quand la conscience s'attache à la réalité
d'un objet extérieur, elle est sous l'emprise d'un démon .


Tant qu'il y a un moi, il y a des démons,
S'il n'y a plus de moi, il n'y a plus d'objets,
il n'y a plus ni peur ni attachement à trancher.


Machik Labdröm.






Ici il ne faut pas interpréter le Moi à la Freud, mais plutôt que le moi matériel , la partie de la personne veut exister parmis les autres , et qui désire matériellement. Les démons aussi n'apparaissent que lorsqu'on fait un pont entre son esprit et le monde matériel - l'attachement à un objet extérieur via la conscience . Pour le cas de la vendeuse , elle a conscience de la réalité du vendeur de glace, de sa présence physique, et qui lui manque ( auquel je suis attaché ) et son esprit interprète comme hostilité tout ce qui se rapporte à son souvenir, et de ce qu'il lui a fait.


Et au final, je trouve que ces paroles de Machik Labdröm se rapportent au principe de la vacuité du Tao; savoir se passer d'un moyen de définition de soi - celle qui est matérielle , pour avancer sur d'autres plans.

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